S EDITH PIAF
Posté le 15.02.2007 par mikay59
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore, on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue
Et, dans le p'tit bistrot
Où la joie coule à flots,
Sept musiciens perchés sur un tréteau
Jouent pour les amoureux
Qui tournent deux par deux,
Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux.
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Tout l'monde se sent un peu ému.
Peut-être bien qu'on a trop bu.
Il y a bal dans ma rue.
Il était si beau que lorsqu'il me sortait,
Aussitôt tout le monde sur lui se retournait.
J'étais si fière de lui, j'ai pas pu résister
A ma meilleure amie, un jour j' l'ai présenté.
Ils se sont plus immédiatement
Ils se sont mariés ce matin.
Ils formaient un couple épatant
Et moi, j'étais témoin...
Et voilà pourquoi...
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue
Et, dans le p'tit bistrot
Où la joie coule à flots,
Sept musiciens perchés sur un tréteau
Jouent pour les amoureux
Qui tournent deux par deux,
Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux.
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue...
'y a eu bal dans ma rue...
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Posté le 15.02.2007 par mikay59
Avec ce soleil, on avait envie
De ne pas parler,
De boire de la vie
A petites goulées.
Sous le ciel superbe
Le long du talus, mâchant un brin d'herbe
Et jupe collée, elle regardait
D'un air triomphant
Ce jeune homme imberbe
Ou encore presqu'enfant
Qui la désirait.
Il aurait fallu presque rien, peut-être,
Un geste de lui,
Un sourire d'elle qui lui dise "viens".
Il aurait fallu presque rien, peut-être,
Qu'un oiseau s'enfuie
Avec un bruit d'ailes pour que tout soit bien...
Pour que par-dessus le toit de l'usine,
Le long des murs gris,
Pour que par-dessus la route voisine
Et ses pavés gris,
Pour que par-dessus toutes les collines,
Pour que par-dessus toutes les forêts,
Pour que monte au ciel, sans cloches et sans noces,
Un amour de gosses
Qui purifierait...
Mais c'était déjà deux enfants durcis
Qui ne croyaient plus d'avoir à se dire
Que les mots des grands...
Que la vie déjà, broyait sans merci,
Qui ne savaient plus ni rêver, ni rire
C½ur indifférent...
Et ce jour encore
Le long du talus
Le coquelicots avec les bleuets
En vain attendirent
Une main cruelle
Qui les cueillerait...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
Un printemps meurt, en vient un autre
Et tout change, et tout est pareil.
Le bonheur n'est pas le nôtre,
Pas plus que le soleil.
Écoute, écoute dans le monde
Cet orchestre de cœurs battants.
De partout ils se répondent
Depuis combien de temps ?
Avant nous,
D'autres amants ont dit : "Je t'aime."
Comme nous...
Avant nous,
D'autres ont souffert, ont trahi même,
Comme...
Non ! Ne crois pas ça ! Ne crois pas ça !
L'amour n'est pas cette misère.
L'amour, c'est toi entre mes bras...
Avant nous,
D'autres ont dansé sur des "Je t'aime."
Comme nous...
Avant nous,
D'autres se sont quittés quand même
Comme...
Non ! Pas comme nous... Ne crois pas ça !
On a dansé sur toute la terre
Et l'on dansera sur ces mots-là.
Aimons-nous
Comme ceux-là qui tant s'aimèrent,
Comme nous
Et comme ceux qui nous suivront,
Et comme ceux qui s'aimeront...
Après nous...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Je l'ai rencontré un peu trop tard.
Il avait déjà vu Germaine.
Il m'a aimée pendant cinq semaines.
Je me foutais du tiers comme du quart
Et puis un jour, il a compris.
Il m'a menti encore trois semaines
Puis il est allé vers Germaine.
Ah mes enfants ! Qu'est-ce que j'ai pris !...
J' lui en veux pas...
Que faire à ça ?
Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Quand on dit "moins l' quart", c'est moins le quart !
Je l'ai rencontré un peu trop tard !
Pierre aime la femme de Jean.
Jean aime la femme de Pierre.
La femme de Pierre aime un sergent.
La femme de Jean aime un notaire.
Qu'est-ce qu'ils espèrent,
Ces pauvres gens ?
Si la femme de Pierre avait vu le sergent
Avant de rencontrer Pierre...
Si la femme de Jean avait vu le notaire
Avant de rencontrer Jean...
Ce serait une toute autre affaire !
'y aurait du bonheur à Nogent
Au lieu qu'on y pleure...
L'heure, c'est l'heure...
Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Quand on dit "moins l' quart", c'est moins l' quart !
Je l'ai rencontré un peu trop tard !
...trop tard !...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
Le long de l'herbe,
L'eau coule et fait des ronds.
Le ciel superbe
Éblouit les environs.
Le grand soleil joue aux boules
Avec les pommiers fleuris.
Le bal, devant l'eau qui coule,
Rabâche des airs de Paris.
Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse ma rêverie...
Les parasols sur la berge en gestes lents
Saluent d'une révérence
Les chalands.
Tandis qu'une fille danse
Dans les bras d'un marinier,
Le ciel fait des imprudences
Mais l'amour n'est pas le dernier...
Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse au ciel printanier...
Le vent, tournant dans les feuilles des bosquets,
Avec le chant des pinsons, fait des bouquets
Mais elle n'écoute guère
Que les mots de ce garçon,
Des mots d'amour si vulgaires
Qu'ils font rire au ciel les pinsons.
Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse avec ma chanson...
Je pense encore à ce jour de l'an dernier.
Sur mon épaule, mon rêve est prisonnier.
Celà n'a ni queue ni tête.
Pourtant, j'ai le cœur bien gros
Pour les marins en goguette.
L'amour, ça coule au fil de l'eau.
Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse mon cœur d'oiseau...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
Adieu mon cœur.
On te jette au malheur.
Tu n'auras pas mes yeux
Pour mourir...
Adieu mon cœur.
Les échos du bonheur
Font tes chants tristes
Autant qu'un repentir.
Autrefois tu respirais le soleil d'or.
Tu marchais sur des trèsors.
On était vagabonds.
On aimait les chansons.
Ç'a fini dans les prisons.
Adieu mon cœur.
On te jette au malheur.
Tu n'auras pas mes yeux
Pour mourir...
Adieu mon cœur.
Les échos du bonheur
Font tes chants tristes
Autant qu'un repentir...
Un repentir...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
A quoi ça sert l'amour ?
On raconte toujours
Des histoires insensées.
A quoi ça sert d'aimer ?
L'amour ne s'explique pas !
C'est une chose comme ça,
Qui vient on ne sait d'où
Et vous prend tout à coup.
Moi, j'ai entendu dire
Que l'amour fait souffrir,
Que l'amour fait pleurer.
A quoi ça sert d'aimer ?
L'amour ça sert à quoi ?
A nous donner d' la joie
Avec des larmes aux yeux...
C'est triste et merveilleux !
Pourtant on dit souvent
Que l'amour est décevant,
Qu'il y en a un sur deux
Qui n'est jamais heureux...
Même quand on l'a perdu,
L'amour qu'on a connu
Vous laisse un goùt de miel.
L'amour c'est éternel !
Tout ça, c'est très joli,
Mais quand tout est fini,
Il ne vous reste rien
Qu'un immense chagrin...
Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant,
Demain, sera pour toi
Un souvenir de joie !
En somme, si j'ai compris,
Sans amour dans la vie,
Sans ses joies, ses chagrins,
On a vécu pour rien ?
Mais oui ! Regarde-moi !
A chaque fois j'y crois
Et j'y croirai toujours...
Ça sert à ça, l'amour !
Mais toi, t'es le dernier,
Mais toi, t'es le premier !
Avant toi, 'y avait rien,
Avec toi je suis bien !
C'est toi que je voulais,
C'est toi qu'il me fallait !
Toi qui j'aimerai toujours...
Ça sert à ça, l'amour !...
Posté le 13.02.2007 par mikay59
Le ciel est bleu, le vent du large
Creuse la mer bien joliment
Vers le port montant à la charge
Galopent ses escadrons blancs
C'est un port tout au bord du monde
Dont les rues s'ouvrent sur l'infini
Mais de là comme la terre est ronde,
On ne voit pas les États-Unis.
Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
Y a un bar chez Rita la blonde
Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur!
L'accordéon joue en majeur
Les refrains de ce vaste monde
Y a Rita et ses accroch' cœur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Dans ce petit bar, c'est là qu'elle règne
On voit flamber sa toison d'or
Sa bouche est comme un fruit qui saigne
Mais on dit que son coeur est mort
Pourtant les gars sont là, tout drôles:
Les petits, les durs, les malabars
Qui entrent en roulant des épaules
Y en a qui sont venus de Dakar.
Y en a d'Anvers, Y en a d'Honfleur,
Bourlinguant parfois jusqu'aux pôles
Ils la regardent, c'est tout leur bonheur,
Mais pas un n' connaît ses faveurs
L'accordéon joue en majeur
Tous les airs: les tristes, les drôles...
Y'a la bell' blonde, cette rose en fleurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Ils l'aimaient, plus elle était dur'
Plus son regard était cruel
Mettaient un cran à leur ceintur'
c'était l’enfer, c’était le ciel.
Un sourire et c’était dimanche
Les gars disaient : » bois avec nous »
Ils tremblaient devant sa main blanche
Versant le rhum et le vin doux
Bière, café, bons vins et liqueurs
Le patron retroussait ses manches
L’argent roulait, c’était un bonheur
A l’enseigne de la fille sans cœur
L’accordéon joue en majeur
L’ouvertur’ de « La dame blanche »
Et des gars qui jouent leur bonheur
A l’enseigne de la fill’ sans cœur.
L’ patron connaissait la musique:
Il aimait le son des écus
Il disait à sa fille unique:
"Fuis l'amour, c'est du temps perdu!"
Mais un soir, la mer faisait rage...
On vit entrer un étranger
Aux beaux yeux d'azur sans nuages
C'est alors que tout a changé...
Il a r’gardé la fille sans coeur
Elle était comme un ciel d'orage
Quelqu'un a fait: "Y a un malheur"
On entendait battre les coeurs.
L'accordéon joue en mineur
Une chanson »dans le vent sauvage «
Y a une fill’ le visage en pleurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Il a dit: "C'est toi, ma divine!"
Elle répondit: "Je suis à toi..."
Elle a pleuré sur sa poitrine
Il l'a serrée entre ses bras.
Les autr’s alors mélancoliqu’s
Sont partis avec un soupir...
Le vent chantait sur l'Atlantique
Pour ce coeur qui venait de s'ouvrir
Ils ont filé vers leur grand bonheur
Le patron dut fermer boutique
On l'a vu boire toutes ses liqueurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur
Alors , l'État, cet accapareur,
Qu'a jamais eu l’ sens du comique
A mis le bureau du Percepteur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur...