P JACQUES BREL PAROLES
Posté le 15.02.2007 par mikay59
Dors ma mie
Dehors la nuit est noire
Dors ma mie bonsoir
Dors ma mie
C'est notre dernier soir
Dors ma mie bonsoir
Sur les fleurs qui ferment leurs paupières
Pleure la pluie légère
Et l'oiseau qui chantera l'aurore
Dors et rêve encor'
Ainsi demain déjà
Serai seul à nouveau
Et tu m'auras perdu
Rien qu'en me voulant trop
Tu m'auras gaspillé
A te vouloir bâtir
Un bonheur éternel
Ennuyeux à périr
Au lieu de te pencher
Vers moi tout simplement
Moi qui avais besoin
Si fort de ton printemps
Non les filles que l'on aime
Ne comprendront jamais
Qu'elles sont à chaque fois
Notre dernier muguet
Notre dernière chance
Notre dernier sursaut
Notre dernier départ notre dernier bateau
Dors ma mie
Dehors la nuit est noire
Dors ma mie bonsoir
Dors ma mie c'est notre dernier soir
Dors ma mie je pars
--
Posté le 15.02.2007 par mikay59
Dites, dites, si c'était vrai
S'il était né vraiment à Bethléem, dans une étable
Dites, si c'était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l'or, la myrrhe, l'encens
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai tout ce qu'ils ont écrit Luc, Matthieu
Et les deux autres,
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai ce qu'ils racontent les petits enfants
Le soir avant d'aller dormir
Vous savez bien, quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère
Si c'était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirais oui
Parce que c'est tellement beau tout cela
Quand on croit que c'est vrai.
Posté le 12.02.2007 par mikay59
Puisque demain l'on se marie
Apprenons la même chanson
Puisque demain s'ouvre la vie
Dis-moi ce que nous chanterons
Nous forcerons l'amour
A bercer notre vie
D'une chanson jolie
Qu'à deux nous chanterons
Nous forcerons l'amour
Si tu le veux, ma mie
A n'être de nos vies
Que l'humble forgeron
Puisque demain l'on se marie
Apprenons la même chanson
Puisque demain s'ouvre la vie
Dis-moi ce que nous y verrons
Nous forcerons nos yeux
A ne jamais rien voir
Que la chose jolie
Qui vit en chaque chose
Nous forcerons nos yeux
A n'être qu'un espoir
A deux nous offrirons
Comme on offre une rose
Puisque demain l'on se marie
Apprenons la même chanson
Puisque demain s'ouvre la vie
Dis-moi encore où nous irons
Nous forcerons les portes
Des pays d'orient
A s'ouvrir devant nous
Devant notre sourire
Nous forcerons, ma mie
Le sourire des gens
A n'être plus jamais
Une joie qui soupire
Puisque demain s'ouvre la vie
Ouvrons la porte à ces chansons
Puisque demain l'on se marie
Apprenons la même chanson
Posté le 12.02.2007 par mikay59
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux toujours danser
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
Il y a longtemps déjà
Il y a longtemps d'ennui
Il y a longtemps de toi
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux toujours chanter
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
Tombé au champ d'amour
Pour un prénom de fille
Qui m'avait dit toujours
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux toujours tourner
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
De m'être trop trompé
De m'être trop meurtri
De m'être trop donné
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux me bousculer
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
Fusillé par une fleur
Au poteau de son lit
De douze rires dans le cœur
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux toujours crier
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
Il y a mille soirs
Il y a mille nuits
Il n'y a plus d'espoir
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux bien me saouler
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
A Paris que j'enterre
Et depuis mille nuits
Dans le fond de mon verre
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Carnaval à Rio
Tu peux carnavaler
Carnaval à Rio
Tu n'y peux rien changer
Je suis mort à Paris
Que la mort me console
La mort est par ici
La mort est espagnole
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Je t'aimais tant, Clara
Je t'aimais tant
Posté le 12.02.2007 par mikay59
Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne
J'avais le rouge au front et le savon à la main
Au suivant au suivant
J'avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
A être le suivant de celui qu'on suivait
Au suivant au suivant
J'avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d'une armée en campagne
Au suivant au suivant
Moi j'aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais au suivant au suivant
Ce ne fut pas Waterloo mais ce ne fut pas Arcole
Ce fut l'heure où l'on regrette d'avoir manqué l'école
Au suivant au suivant
Mais je jure que d'entendre cet adjudant de mes fesses
C'est des coups à vous faire des armées d'impuissants
Au suivant au suivant
Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l'entends tout le temps
Au suivant au suivant
Cette voix qui sentait l'ail et le mauvais alcool
C'est la voix des nations et c'est la voix du sang
Au suivant au suivant
Et depuis chaque femme à l'heure de succomber
Entre mes bras trop maigres semble me murmurer
Au suivant au suivant
Tous les suivants du monde devraient se donner la main
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant au suivant
Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire
Qu'il est plus humiliant d'être suivi que suivant
Au suivant au suivant
Un jour je me ferai cul-de-jatte ou bonne sœur ou pendu
Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus
Le suivant le suivant
Posté le 12.02.2007 par mikay59
Je suis née comme une chienne une nuit où il pleuvait
Je suis née et ma mère est partie en chantant
Et je ne sais rien d'elle que la haine que j'en ai
J'aurais dû venir au monde en mourant
Eh bien sûr, il y a mon père, on dit, on dit souvent
Que les filles gardent leur père au profond de leur cœur
Mais je n'ai pas su mon père, mon père était plusieurs
Car mon père était un régiment
Je ne peux même pas dire s'ils étaient andalous ou prussiens
Sont-ils morts vers le nord, sont-ils morts vers le sud
Je n'en sais rien !
Une Dame, et comment veut-il que je sois une Dame ?
J'ai grandi comme une chienne de carrefour en carrefour
J'ai grandi et trop tôt sur la paille des mules
De soldat en soldat, de crapule en crapule
J'ai connu les bienfaits de l'amour
Et je vis comme une bête, je fais ça comme on se mouche
Et je vis sans savoir ni pour qui ni pour quoi
Pour un sou je me lève, pour deux sous je me couche
Pour trois sous je fais n'importe quoi !
Si vous ne me croyez guère, pour trois sous venez voir le restant
De la plus folle des fiancés au plus crapuleux des brigands de la terre
Mais chassez donc vos nuages et regardez-moi telle que je suis
Une Dame, une vraie Dame a une vertu, a une âme
Dieu de Dieu, de tous les pires salauds que j'ai connus
Vous qui parlez d'étoile, vous qui montrez le ciel,
Vous êtes bien le plus infâme, le plus cruel
Frappez-moi, je préfère le fouet à vos chimères,
Frappez-moi jusqu'au feu, jusqu'au sol, jusqu'à terre
Mais gardez votre tendresse, rendez-moi mon désespoir
Je suis née sur le fumier et j'y repars,
Mais je vous en supplie, ne me parlez plus de Dulcinéa
Vous voyez bien que je ne suis rien, je ne suis qu'Aldonza la putain.
Posté le 12.02.2007 par mikay59
Parfaitement à jeun
Vous me voyez surpris
De ne pas trouver mon lit ici
Parfaitement à jeun
Je le vois qui recule
Je le vois qui bascule aussi
Guili guili guili
Viens-là mon petit lit
Si tu ne viens pas t'a moi
Ce n'est pas moi qui irai t'à toi
Mais qui n'avance pas recule
Comme dit Monsieur Dupneu
Un mec qui articule
Et qui est chef du contentieux
Parfaitement à jeun
Je reviens d'une belle fête
J'ai enterré Huguette ce matin
Parfaitement à jeun
J'ai fait semblant d'pleurer
Pour ne pas faire rater la fête
Z'étaient deux cents noirs
Les voisins les amis
Y avait qu'moi qu'était gris
Dans cette foire
Y avait beau-maman belle-papa
Z'avez pas vu Mirza
Et puis Monsieur Dupneu
Qu'est chef du contentieux
Parfaitement à jeun
En enterrant ma femme
J'ai surtout enterré
la maitresse d'André
Je n'l'ai su que c'matin
Et par un enfant de chœur
Qui m'racontait qu'sa sœur ah ça
Il me reste deux solutions
Ou bien frapper André
Ou bien gnougnougnafié
La femme d'André
Sur son balcon
Ou bien rester chez moi
Feu-cocu mais joyeux
C'est ce que me conseille André
André André Dupneu
Qu'est mon chef du contentieux
Parfaitement à jeun
Vous me voyez surpris
De ne pas trouver mon lit
Posté le 10.02.2007 par mikay59
J'ai retrouvé Titine
Titine oh ma Titine
J'ai retrouvé Titine
Que je ne trouvais pas
Je l'ai retrouvée par hasard
Qui vendait du buvard
Derrière une vitrine
De la gare Saint-Lazare
Je lui ai dit Titine
Titine oh ma Titine
Je lui ai dit Titine
Pourquoi m'avoir quitté
Tu es partie comme ça
Sans un geste sans un mot
Voir un film de Charlot
Au ciné de l'Olympia
Et il y a trente ans déjà
Que nous te cherchions partout
Mon Hispano et moi
En criant comme des fous
Je cherche après Titine
Titine oh ma Titine
Je cherche après Titine
Mais j'ai retrouvé Titine
Titine oh ma Titine
J'ai retrouvé Titine
Que je ne trouvais pas
Je l'avais cherchée partout
Au Chili au Tonkin
Je l'avais cherchée en vain
Au Gabon au Pérou
Je lui ai dit Titine
Titine oh ma Titine
Je lui ai dit Titine
Je t'en supplie reviens
Tu as changé je le sais bien
Tu es un peu moins tentante
Puis tu marches comme Chaplin
Et tu es devenue parlante
Mais enfin c'est mieux que rien
Quand on vit depuis trente ans
Tout seul avec un chien
Et avec douze enfants
Qui cherchent après Titine
Titine oh ma Titine
Qui cherchent après Titine
Mais j'ai retrouvé Titine
Titine oh ma Titine
J'ai retrouvé Titine
Que je ne trouvais pas
Je voudrais que vous la voyiez
Titine elle est en or
Bien plus que Valentine
Bien plus qu'Éléonore
Mais hier quand je lui ai dit
Titine oh ma Titine
Quand je lui ai dit Titine
Est-ce que tu m'aimes encore
Elle est repartie comme ça
Sans un geste sans un mot
Voir un film de Charlot
Au ciné de l'Olympia
Alors voilà pourquoi
Nous la cherchons partout
Mon Hispano et moi
En criant comme des fous
Je cherche après Titine
Titine oh ma Titine
Je cherche après Titine
Mais je retrouverai Titine
Titine oh ma Titine
Je retrouverai Titine
Et tout ça s'arrangera
Posté le 10.02.2007 par mikay59
Les soirs où je suis argentin
Je m'offre quelques argentines
Quite à cueillir dans les vitrines
Des jolis quartiers d'Amsterdam
Des lianes qui auraient ce teint de femme
Qu'exporte vos cités latines
Ces soirs-là je les veux félines
Avec un rien de brillantine
Collé aux cheveux de la langue
Elles seraient fraiches comme des mangues
Et compenseraient leur maladresse
À coups de poitrine et de fesses
Ah mais ce soir
Y a pas d'argentines
Y a pas d'espoir
Y a pas de doute
Non ce soir
Il pleut sur Knokke-le-Zoute
Ce soir comme tous les soirs
Je me rentre chez moi
Le cœur en déroute
Et la bitte sous l'bras
Les jours où je suis espagnol
Petites fesses grande bagnole
Elles passent toutes à la casserole
Quite à pourchasser dans Hambourg
Des carmencitas de faubourg
Qui nous reviennent de vérole
Je me les veux fraiches et joyeuses
Bonnes travailleuse sans parlotes
Mi andalouses mi anguleuses
De ces femelles qu'on gestapote
Parce qu'elles ne savent pas encore
Que Franco est tout à fait mort
Mais ce soir
Y a pas d'espagnoles
Y a pas de casseroles
Y pas de doute
Non ce soir
Il pleut sur Knokke-le-Zoute
Ce soir comme tous les soirs
Je me rentre chez moi
Le cœur en déroute
Et la bitte sous l'bras
Les soirs depuis Caracas
Je panama je partaguasse
Je suis l'plus beau
Je pars en chasse
Je glisse de palace en palace
Pour y dénicher le gros lot
Qui n'attend que mon coup de grâce
Je la veux folle comme un travelo
Découverte de vieux rideaux
Mais cependant "dévanescente"
Elle m'attendrait depuis toujours
Cerclée de serpents et de plantes
Parmi les livres de Dufour
Mais ce soir
Y a pas de Caracas
Y a pas de dévanescentes
Y a pas de doute
Mais ce soir
Il pleut sur Knokke-le-Zoute
Ce soir comme tous les soirs
Je me rentre chez moi
Le cœur en déroute
Et la bitte sous l'bras
Demain oui
Peut être que ...
Peut être que demain je serai argentin ... oui
Je m'offrai des argentines
Quite à cueillir dans les vitrines
Des jolis quartiers d'Amsterdam
Des lianes qui auraient ce teint de femme
Qu'exporte vos cités latines
Demain je les voudrai félines
Avec ce rien de brillantine
Collé aux cheveux de la langue
Elles seront fraiches comme des mangues
Et compenseront leur maladresse
À coups de poitrine et de fesses
Demain je serai espagnol
Petites fesses grande bagnole
Elles passeront toutes à la casserole
Quite à pourchasser dans Hambourg
Des Carmencitas de faubourg
Qui nous reviendront de vérole
Je les voudrai fraiches et joyeuses
Bonnes travailleuses sans parlotes
Mi andalouses mi anguleuses
De ces femelles qu'on gestapote
Parce qu'elles ne savent pas encore
Que Franco est tout à fait mort
Les soirs depuis Caracas
Je panama je partaguasse
Je suis l'plus beau
Je pars en chasse
Je glisse de palace en palace
Pour y dénicher le gros lot
Qui n'attend que mon coup de grâce
Je la veux folle comme un travelo
Découverte de vieux rideaux
Mais cependant dévanescente
Elle m'attendrait depuis toujours
Cerclée de serpents et de plantes
Parmi les livres de "Dufour"
Posté le 10.02.2007 par mikay59
Il peut pleuvoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Moi j'm'en fiche
J'ai ma mie
Auprès de moi
Il peut pleuvoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Moi j'm'en fiche
Car ma mie
C'est toi
Et au soleil là-haut
Qui nous tourne le dos
Dans son halo de nuages
Et au soleil là-haut
Qui nous tourne le dos
Moi je crie bon voyage
Il peut pleuvoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Moi j'm'en fiche
J'ai ma mie
Auprès de moi
Il peut pleuvoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Moi j'm'en fiche
Car ma mie
C'est toi
Aux flaques d'eau qui brillent
Sous les jambes des filles
Aux néons étincellants
Qui lancent dans la vie
Leur postillons de pluie
Je crie en rigolant:
Et aux gens qui s'en viennent
Et aux gens qui s'en vont
Jour et nuit tournez en rond
Et aux gens qui s'en viennent
Et aux gens qui s'en vont
Moi je crie à pleins poumons
Y a plein d'espoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Et j'en suis riche
J'ai ma mie
Auprès de moi
Y a plein d'espoir
Sur les trottoirs
Des grands boulevards
Et j'en suis riche
Car ma mie
C'est toi
C'est toi ...